Le programme de la mission

 

Thèmes de réflexion abordés par le groupe de travail

 

 

  • vendredi 19 décembre: une crise de la République ?

 

  • vendredi 16 janvier: les institutions française dans l’Europe et la mondialisation ;

 

  • vendredi 30 janvier: le citoyens au cœur des institutions ;

 

  • jeudi 5 février: la démocratie sociale et environnementale ;

 

  • vendredi 13 février: les élus et les partis politiques ;

 

  • vendredi 13 mars: le pouvoir exécutif ;

 

  • vendredi 27 mars: modes de scrutin et temps politique ;

 

  • vendredi 10 avril: le Parlement du non-cumul (1) ;

 

  • vendredi 17 avril: le Parlement du non-cumul (2) ;

 

  • jeudi 7 mai: le Parlement du non-cumul (3) ;

 

  • vendredi 29 mai: la Justice.

Visite de Al-Sissi : La France veut-elle enterrer le Printemps Arabe ?

Le Président égyptien Abdel Fattah AlSissi rencontrera François Hollande ce midi. Cette visite pose de lourdes questions et appelle des réponses claires.

 

Quatre ans après la révolution tunisienne, la France a t’elle décidé d’enterrer ainsi l’espoir né lors du printemps arabe ?

 

Elu à la tête de l’Egypte en mai 2014, le maréchal Abdel Fattah AlSissi a piloté le coup de force de l’armée contre le président Mohamed Morsi, premier chef d’Etat élu de l’histoire de l’Egypte, en juin 2013. La destitution du président s’est soldée par une vague de répressions massives. Les chiffres sont sans appel : pour la seule journée du 14 août 2013, au moins 817 citoyens ont perdu la vie dans le démantèlement d’un sit-in pro-Morsi au Caire. Le pouvoir égyptien allégait la présence d’armes parmi les manifestants, justifiant ainsi le recours à la force létale. Pour information, sept policiers sont morts dans l’opération.

 

Aujourd’hui encore, les autorités égyptiennes se livrent à des violations répétées et multiples des droits humains en Egypte, déconstruisant systématiquement les acquis révolutionnaires de janvier 2011. Depuis l’été 2013, 15 000 personnes ont été arrêtées pour leurs convictions politiques. Au printemps dernier, plus d’un millier d’entre elles ont été condamnées à mort à la suite de procès iniques et d’enquêtes de police bâclées. La loi anti-manifestation décrétée en novembre 2013 par un exécutif par intérim et donc sans la légitimité des urnes, réinstaure de facto l’état d’urgence. Les avancées vers une liberté des syndicats ont fait long feu. Les forces de police ont réinvesti les campus universitaires et usent régulièrement de la force létale à l’encontre des étudiants. Sur tous les fronts, la liberté d’expression est quotidiennement bafouée.

 

Officiellement organisée au prétexte de la sécurisation des frontières libyennes, la visite semble surtout être l’occasion de négociations économiques dans le but de vendre de nouveaux Rafales. Au prétexte de la vente d’armes, la France va t’elle renouer avec son soutien à des dictatures bottées dans le pourtour méditerranéen ? Un tel choix serait le marqueur d’une rupture de la politique conduite à ce jour par le gouvernement d’appui aux transitions démocratiques et aux mouvements citoyens de défense des droits humains. Cela constituerait un recul néfaste pour tous les démocrates et un renoncement inacceptable pour ceux qui croient que la France peut encore être la patrie des droits de l’Homme.